n°18 - Ladakh, the soul of the Himalaya                                   

Ladakh, the soul of the Himalaya (Article Loïc Grasset)

At the very north of India, on the borders of Pakistan and China, this region of Tibetan Buddhism, sandwiched between the Himalayas and the Kunlun, at an average altitude of 12 000 feet has kept a fascinating and unscathed beauty and friendly folks, full of warmth and wisdom. Every summer, the land of high passes is invaded by hordes of hikers and bikers, so called "yellow hairs", experiencing the rhythm of the Ladhaki, a simple and sacred existence, unchanged for millennia until the opening to the outside world in 1974. But the nine other months, this roof of the world becomes again one the most remote place on earth, untouched by the hustle and bustle of people.

Khardung-La, the highest vehicle accessible pass in the world, sitting up at 18 379 feet above sea level. There, death can come at any corner with over-aged Indian trucks blasting down the mountains at breakneck speed, gigantic snowdrifts and dizzying abysses. Exploring Ladakh is also coming across colorful and fascinating festivals with oracles, entering a state of trance after a month of meditation; or Gochak, a unique ceremony, at the very last moon of winter, when, two days in a roll, thousands of pilgrims are prostrating themselves, face down on the laterite, hands wide opened in a fiery and deep prayer to Buddha. Exploring Ladakh, is melting into a traditional society, resisting western way of life. In most villages, locals continue to consult the hamchi, the traditional doctor who heals villagers with his concoctions of Himalayan seeds, crushed rocks, musk of deer or newborn excrement. Improbable encounters with, at the border of Pakistan, the Aryans, the last descendants of Alexander the Great. Last but not least, in Stakna, on a tiger nose shaped hill, a seven years old chubby and hieratic Little Buddha who has just become the Rinpoche, Supreme Buddhist authority, of seven monasteries, ruling over hundred monks.

video : Les habitants

video : Festival monastère stock

Ladakh, l'âme de l'Himalaya

Terre de bouddhisme tibétain, perchée entre 3 500 et 7 000 mètres d’altitude sur les contreforts de l’Himalaya indien, aux confins du Pakistan et de la Chine. Le Ladakh reste un territoire singulier et fascinant. L’été, deux mois durant, ce toit du monde se donne aux « cheveux jaunes », les touristes d'Occident, venus découvrir une existence simple et sacrée, immuable pendant des millénaires jusqu’à l’ouverture au monde extérieur en 1974. Mais le reste de l'année, sillonner « le pays des hautes cimes » reste une aventure proche de l’épique, un voyage dans un repli du temps qui se mérite et marque à jamais le voyageur.

Khardung-La, la plus haute route carrossable du monde qui culmine à 5600 kilomètres au delà du niveau de la mer : les trente kilomètres les plus dangereux de la planète avec ses précipices vertigineux et ses virages « de la mort » où l'on risque, à tout moment, de croiser un camion indien hors d'âge lancé à tombeaux ouverts. Le Ladakh c'est aussi des festivals spectaculaires, avec des oracles en transe après un mois de méditation ; ou Gochak, une cérémonie unique, chaque dernière lune de l'hiver où milliers de pèlerins se prosternent, deux jours durant nez et front plaqués sur le sol, les mains en sang mais tendues en prière pour implorer le Bouddha. Un peuple pur aux valeurs immuables -bonheur, bouddhisme et entraide- qui, au médecin, préfère l'hamchi, le rebouteux traditionnel, qui soigne les villageois avec ses concoctions à base de plantes himalayennes, de roches pilées ou de premier excrément de nouveau né. Des rencontres improbables avec, à la frontière du Pakistan, les Aryens, derniers descendants d'Alexandre le Grand. Et enfin, à Stakna, au sommet d'une colline en forme de nez de tigre, avec un petit Bouddha de sept ans, devenu Rinpoché, autorité suprême Bouddhiste, poupin et hiératique, qui règne sur sept monastères et une centaine de moines.

n°19 - Ethiopia The rise of the Abyssinian Tiger

The rise of the tiger of Abyssinia (Article : Olivier Piot)

Discovering a modern Ethiopia in one of the oldest countries in the world.

Ethiopia is Africa's oldest independent country and second largest in terms of its population. Apart from a five-year occupation by Mussolini's Italy, it has never been colonised. It served as a symbol of African independence throughout the colonial period, and was a founder member of the United Nations.

With exceptional growth (+ 8% expected in 2015, + 10% in 2014, 9.8% in 2013, 8.7% in 2012 ...): Ethiopia's economy is one of the most dynamic in Africa with Ghana, Nigeria, Angola and South Africa. But it is the only African country to know this growth without hydrocarbons.

In 2016, this country illustrates, in an exemplary way, the "take-off" of Africa which experts speak of in recent years. Ethiopia is particularly exemplarily by its dynamic industrialization, a first in the history of Africa. In the 1970s, the "miracle" of some African countries was driven by soaring prices of raw materials or state investment. Today, in the textile sector, has Ethiopia seen many factories under construction and created the equivalent of 50 000 jobs in the past 5 years.

Along with foreign investment (China and Turkey), this economic "boom" is accompanied by major changes toward modernity in Ethiopia: wind farms, ultra-modern dams, universities at the forefront of technology, space observatory, facilities of modern neighborhoods in Addis Ababa, titanic projects in transportation (roads, new port of Djibouti, railway lines, metro). Over the past five years, part of the country has swung in the XXI century.

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Le réveil du tigre d’Abyssinie

La découverte d’une Ethiopie moderne dans un des plus anciens pays du monde.

L'Éthiopie est le pays indépendant le plus âgé d'Afrique et le deuxième en termes de population. Outre une occupation de cinq ans par l'Italie de Mussolini, elle n'a jamais été colonisée. Elle a servi de symbole de l'indépendance africaine tout au long de la période coloniale et a été un membre fondateur des Nations Unies.

En affichant des taux de croissance exceptionnels (+ 8 % attendus en 2015, + 10 % en 2014, + 9,8 % en 2013, + 8,7 % en 2012…) : l’économie de l’Ethiopie est une des plus dynamiques d’Afrique avec le Ghana, le Nigéria, l’Angola et l’Afrique du Sud. Mais c’est le seul pays d’Afrique à connaître cette croissance sans hydrocarbures.

En 2016, ce pays illustre de façon exemplaire le « décollage » de l’Afrique dont parlent les experts depuis quelques années. Exemplaire, l’Ethiopie l’est notamment par sa dynamique d’industrialisation, une première dans l’histoire africaine. Dans les années 1970, le « miracle » de certains pays d’Afrique était porté par l’envol des prix des matières premières ou les investissements d’Etat. Aujourd’hui, en Ethiopie, le seul secteur du textile a vu la construction de nombreuses usines et créé l’équivalent de 50 000 emplois depuis 5 ans.

Porté par des investissements étrangers (Chine et Turquie), ce « boom » économique s’accompagne d’une entrée fracassante de l’Éthiopie dans la modernité : fermes éoliennes, barrages ultra-moderne, universités à la pointe des technologies, observatoire spatial, aménagements de quartiers modernes dans Addis-Abeba, chantiers titanesques dans les transports (routes, nouveau port de Djibouti, lignes de chemin de fer, métro). Au cours des 5 dernières années, une partie du pays a basculé dans le XXI e siècle.