n°15 - Marocco from Marrakech to the High Atlas

Morocco from Marrakech to the High Atlas (Article : Nadia Ferroukhi)

Marrakech, Djemaa el-Fna, listed since 2001 on the list of World Intangible Cultural Heritage. For centuries, the ritual has been immutable. Drums vibrating to unite, calling of a flute, smells of grilled meat, women on the lookout for a hand to tattoo with henna, healers dressed in Touareg garments, packed crowd, wandering hands ... "The magic of this place comes from the mixture of Arab, Berber and African variants," says Ouidad Tebbaa, professor at the University Cadi Ayyad of Marrakech. High Atlas, immersion in a Berber village. At least 50% of the Moroccan population is Berber. In many villages, there is no running water, no schools, no roads. Only 70 km from Marrakech, the Chleuh from Tilfitine live in this isolation. Their fate is representative of that reserved to many Berbers, who demand more than just a cultural and linguistic recognition. Most men leave to the cities to look for work, it is women and children who are in charge of many different tasks.

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Maroc de Marrakech au Haut Atlas

Marrakech, place Djemáa el-Fna, inscrite depuis 2001 sur la liste du patrimoine culturel immatériel mondial. Depuis des siècles, le rituel est immuable. Tambours vibrant à l’unisson, appel d’une flûte, odeurs de grillades, femmes à l’affût d’une main à tatouer au henné, guérisseur déguisé en Touareg, foule compacte, mains baladeuses... «La magie de cette place tient au mélange de variantes arabes, berbères et africaines», explique Ouidad Tebbaa, professeur à l’université Cadi Ayyad de Marrakech. Haut Atlas, Tilfitine, un village Berbère à 70 km de Marrakech où la moitié de la population marocaine est berbérophone. Les Chleuh de Tilfitine vivent dans la précarité, sans eau courante et électricité. Laissés dans l'isolement, ils attendent plus qu’une simple reconnaissance culturelle et linguistique. La plupart des hommes étant partis travailler en ville, ce sont les femmes et les enfants qui gèrent la triste vie quotidienne.

n°16 - The aces of mussels

The aces of mussels (Article : Sébastien Desurmont)

Opposite Ile de Ré, between Vendée and Charente-Maritime, on the Atlantic coast, since the Middle Ages has been growing a mold with unique taste which is considered the best in Europe: the mold of Charron. Traditional methods and titanic work, this ancestral mussel culture has remained dependent on the quality of the water and the rhythm of the seasons. Immersed in the daily life of a family of producers of the famous Moule de Charron, the typical mussel of the bay of Aiguillon, pushed slowly with the mixed waters of the Atlantic and Sèvre Niortaise, descended from the Poitevin swamps. Work and daily life at the Marionneau family: three brothers who have taken over the torch of the family business, fight to bring the mussel back to nobility, especially against the domination of Holland (Zeeland mussel). A mold apart. This Atlantic mussel is special: it is here that mussel culture was invented in the 12th century. A culture on bouchot. The taste of the mussel "mytilus edulis", endemic of the Atlantic coast, is exceptional, all the chefs say it. Here more than anywhere else, mussels are lookouts: filtering 7L of water per hour, they describe the health bulletin of the environment in which they live. An extraordinary environment: the Aiguillon Bay National Nature Reserve, home to 70,000 birds. The mussel in the Bay of Aiguillon was hit in 2014 by a mysterious evil: that year the mussel farmers lost everything, without anyone knowing the origin of the problem (probably a change in salinity). Since then, production has been going up. The Marrionneau family is fighting to promote the quality of its mussels and the environment in which they live.

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Les as de la moule

Face à l’île de Ré, entre Vendée et Charente-Maritime, on fait pousser depuis le Moyen Âge une moule au goût unique, considérée comme la meilleure d’Europe : la moule de Charron. Méthodes traditionnelles et travail de titan, cette mytiliculture ancestrale est restée dépendante de la qualité des eaux et du rythme des saisons. Plongée dans le quotidien de la famille de producteur Marionneau, la moule typique de la baie de l’Aiguillon, poussée lentement avec les eaux mêlées de l’Atlantique et de la Sèvre niortaise, descendue depuis le marais poitevin. Les trois frères Marionneau ont repris le flambeau de l’activité familiale, se battent pour rendre sa noblesse à cette moule si particulière : c’est ici qu’on a inventé la mytiliculture au 12e siècle. Une culture sur bouchot. Le goût de la moule « mytilus edulis », endémique de la côte Atlantique, est exceptionnel, tous les Chefs le disent. Ici plus qu’ailleurs, les moules sont des vigies : en filtrant 7L d’eau par heure, elles décrivent le bulletin de santé du milieu dans lequel elles vivent. Un milieu hors du commun : la réserve naturelle nationale de la Baie de l’Aiguillon, peuplée de 70 000 oiseaux. La moule de la Baie de l’Aiguillon fut touchée en 2014 par un mal mystérieux : cette année-là les mytiliculteurs ont tout perdu, sans que personne ne sache l’origine du problème (sans doute une modification de la salinité). Depuis, la production remonte. La famille Marrionneau se bat pour faire valoir la qualité de ses moules et du milieu qui les héberge.

n°17 - The forgotten Pearl

The forgotten Pearl (Article : Nadia Ferroukhi)

Before oil and gas, since the antiquity, Gulf revenues have relied heavily on the pearl trade. Livestock and dates provided an appreciable complement, but most of the profits were taken from the sea. It is only from the 17th century that pearls of the Gulf began to be known by Europeans. The pearling market, in full expansion at the beginning of the XXth century, is strongly slowed down with the First World War. Finally, it is Japan with its pearls of culture which carries the coup de grace to the pearling trade of the Gulf around the 50s. This decline is offset in the 1930s-1940s by the first oil explorations, and in the 1960s by the first oil exports, bringing to the Emirates a new and flourishing source of income.

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La Perle oubliée

Avant le pétrole et le gaz, depuis l’Antiquité, les revenus du Golfe reposaient essentiellement sur le commerce de perles. L’élevage et les dattes fournissaient un complément appréciable, mais l’essentiel des profits étaient tirés de la mer. C’est seulement à partir du XVIIème siècle que les perles du Golfe commencent à être connues des Européens. Le marché perlier, en pleine expansion au début du XXème siècle, est fortement ralenti avec la Première Guerre mondiale, mais c’est finalement la concurrence du Japon avec ses perles de culture qui porte le coup de grâce au commerce perlier du Golfe autour des années 50. Ce déclin est compensé dans les années 1930-1940 par les premières explorations pétrolières, puis dans les années 1960 par les premières exportations de pétrole, apportant aux Emirats une nouvelle source de revenu florissante.