n°09 - Matriarchy - Estonia

Today, Kihnu shelters only five hundred souls, compared with seven thousand during the Soviet occupation of Estonia, from 1944 to 1991. While men were going off to the sea, the women took over men's jobs, such as working in the fields. Since the mid-nineteenth century, the women assumed control of the community’s affairs and therefore became guardians of the island. A secular cultural heritage that their isolation has preserved. In 2008, UNESCO classified Kihnu's cultural practices as intangible heritage of humanity. If men are now more present on the island, it is always their mothers, wives or daughters who manage education, culture, community life, and especially the craft traditions, which thanks to them are preserved. Tourist guides sell Kihnu as the "island of women" much to the dismay of the interested parties, who reject this image of Epinal. They recognize having a leading decision-making role, but their men are essential. "Men's wages ensure our economic base. That's why women take care of social organization on a daily basis“, explains Mare Mätas, a key figure on the island. The island derives most of its income from fishing and tourism.

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Aujourd’hui, Kihnu ne compte plus que cinq cents âmes, contre sept mille durant l’occupation soviétique de l’Estonie, de 1944 à 1991. Alors que les hommes partaient en mer, les femmes exerçaient des tâches habituellement masculines comme le travail aux champs. Depuis le milieu du XIXe siècle, les femmes de Kihnu régissent ainsi les affaires de la communauté et sont de ce fait, gardiennes de l’île. Un héritage culturel séculaire que leur isolement a permis de préserver. En 2008, l’Unesco a classé les pratiques culturelles de Kihnu au patrimoine immatériel de l’humanité. Si les hommes sont aujourd’hui plus présents sur l’île, ce sont toujours leurs mères, femmes ou filles qui gèrent l’éducation, la culture, la vie communautaire, et surtout les traditions artisanales, qui grâce à elles sont préservées. Les guides touristiques vendent Kihnu comme l’« île aux femmes » au grand dam des intéressées, qui récusent cette image d’Epinal. Elles reconnaissent avoir un rôle décisionnel prépondérant, mais leurs hommes sont essentiels. « Les salaires des hommes assurent notre base économique. C’est pour ça que les femmes, elles, s’occupent de l’organisation sociale au quotidien », explique ainsi Mare Mätas, figure incontournable de l’île. Car à Kihnu, c’est la mer qui fait vivre. L’île tire l’essentiel de ses revenus de la pêche et du tourisme.

n°10 - Matriarchy - Algeria

The Tuareg woman is not veiled, the man is ! She enjoys great freedom: choice of husband, freedom of manners ... It is she who takes care of the tent and nomadic paraphernalia. She knows the Tifinagh alphabet, stories, legends, and teaches children. It is also the woman who ensures the long-term status of children. It is from the maternal lineage that the aristocratic powers are transmitted. Everything that materializes the family unit belongs to her such as the tent and its contents. She manages and supervises the camp in the absence of men and she participates in all decisions even in his presence. She is involved in all social, cultural and economic fields. The sedentary policies of the 1970s and 1980s, repeated droughts and young people seeking "modernity" and more comfort, have undermined this way of life.

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La femme touareg n'est pas voilée, c’est l’homme qui l’est ! Elle bénéficie d'une grande liberté: choix du mari, liberté de moeurs... C'est elle qui s'occupe de la tente et de l'attirail nomade. Elle connait l'alphabet tifinagh, les contes, les légendes, et les enseigne aux enfants. C'est aussi la femme qui assure la pérennité du statut des enfants. C'est de la lignée maternelle que se transmettent les pouvoirs aristocratiques. Tout ce qui matérialise la cellule familiale lui appartient comme la tente et son contenu. Elle gère et encadre le campement en l'absence de l'homme et participe à toutes les décisions même en sa présence. Elle est impliquée dans tous les domaines sociaux, culturels et économiques. Les politiques de sédentarisation des années 1970-1980, les sécheresses à répétition et les jeunes en quête de “modernité“ et de plus de confort, ont mis à mal ce mode de vie.

Extrait de "Touareg, la tragédie" de Mano Dayak

n°11 - Ethiopia A model of consensus among religions

A model of consensus among religions (Article : Olivier Piot)

In Ethiopia, the triptych "Secularism, Religion, Politics" presents a quite original and instructive face. Indeed, while radical Islam and its variants knock on the doors of the former Abyssinia, it was never able to destabilize the country. The reason ? In Ethiopia, there is a very old tradition of coexistence, harmony between Christians (mostly Orthodox) and Muslims (of Sufi tradition). Anchored by history of two millennia, Ethiopian Christianity the oldest in the world after Armenia, was able to develop and build very special ties with Muslim communities. Today, it is certainly weakened by global situation (Daech) and regional - borders with Somalia, tensions in neighboring Kenya, Yemen and Saudi Arabia, but its model of alliance "Secularism, Religion" holds on. Better, it is unprecedented in Africa, a country that is the second most populous of the continent after Nigeria.

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Un modèle de consensus entre religions

En Ethiopie, le triptyque "Laïcité-Religions-Politique" présente un visage tout à fait original et riche d'enseignements. En effet, alors que l'Islam radical et ses variantes frappent aux portes de l’ancienne Abyssinie, il n’a jamais réussi jusqu’ici à déstabiliser ce pays. La raison ? Il existe en Ethiopie une très vieille tradition de coexistence (concorde) entre Chrétiens (orthodoxes en majorité) et Musulmans (de tradition soufie). Ancré par deux millénaires d'histoire, le christianisme éthiopien, le plus vieux du monde après l'Arménie, a su élaborer et tisser des liens très particuliers avec les communautés musulmanes. Aujourd'hui, cet édifice est certes fragilisé par la situation mondiale (Daech) et régionale - frontières avec la Somalie, tensions aux Kenya voisin, au Yémen et en Arabie Saoudite, mais son modèle d'alliance "Laïcité-Religions » tient bon. Mieux, il est inédit en Afrique, dans un pays qui est le deuxième plus peuplé du continent après le Nigéria.